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Biographie Heraclite - Définitions et explications philosophiques - Le mouvement - Le logos - La théorie de la connaissance

Added 21/7/2011

Biographie Héraclite (env.540-480 av. J-C) - Le mouvement - Le logos - La théorie de la connaissance

 

Héraclite introduit le problème du changement, la notion de Logos, et s'interressse à la connaissance.

 

I°) Biographie succinte d'Héraclite

 

Héraclite naquit à Éphèse dans la seconde moitié du VIe siècle av. J.-C., vers 544-541 av. J.-C. (il avait quarante ans dans la 69e olympiade — 504-501 av. J.-C. — selon Diogène Laërce. D'après Aristote, il serait mort à l'âge de 60 ans, donc vers 480 av. J.-C.. Des lettres apocryphe le désignent comme un contemporain de Darius Ier ; ce dernier aurait invité Héraclite à sa cour, mais le philosophe refusa l'invitation. C'est l'un des rares Présocratiques dont nousHeraclite,Le logos,Le mouvement,Definitions et explications ph,la theorie de la connaissance, connaissions un peu le caractère, d'humeur mélancolique, sans pouvoir véritablement distinguer la légende de la vérité. En effet, cet auteur essaye d'exprimer une vérité qui bouscule la pensée rationnelle, car pour lui la logique de la pensée ne peut atteindre l'épicentre de la philosophie.

Pour certains de ses commentateurs, cela entraîne une frustration qui ne peut s'avouer. Ne pouvant nier la pertinence de l'œuvre, pour la discréditer et la reléguer à l'obscurantisme, son auteur est qualifié de :

- Méprisant et irritable : « Héraclite appelait jeux d'enfant les pensées des hommes ». Lorsque cette phrase est prise au premier degré, elle n'exprime que le mépris et Héraclite serait un bien piètre pédagogue qui n'aurait aucunement marqué l'Histoire. Par cette phrase Héraclite rappelle succinctement la puissante séduction que peut exercer le discours mondain, brillant, qui ce faisant, reste toujours à l'écart de la vérité essentielle que propose la philosophie.

 

- Misanthrope : Selon de nombreux auteurs, il pleurait de tout quand Démocrite riait de tout. Lucien de Samosate en a fait un portrait dans Les Sectes à l'encan  :

« Le marchand : Et toi, mon cher, pourquoi pleures-tu, car je préfère causer avec toi ? »

Héraclite : Je regarde toutes les choses humaines, ô étranger, comme tristes et lamentables, et rien qui n'y soit soumis au destin : voilà pourquoi je les prends en pitié, pourquoi je pleure. Le présent me semble bien peu de chose, l'avenir désolant : je vois l'embrasement et la ruine de l'univers : je gémis sur l'instabilité des choses ; tout y flotte comme dans un breuvage en mixture ; amalgame de plaisir et de peine, de science et d'ignorance, de grandeur et de petitesse : le haut et le bas s'y confondent et alternent dans le jeu du siècle.

 

 

II°) Le mouvement

 

Héraclite introduit ce que nous appelerons le problème du changement.

L'instablilité, l'incessante mutation du réel est ce qui frappe le plus Héraclite. Deux phrases  célèbres traduisent bien la pensée d'Héraclite : " Tout coule " et "On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve" Héraclite voit le monde animé d'un mouvement perpétuel, fondé sur l' opposition des éléments cosmiques.

La pensée d'Héraclite, parfois désignée sous le nom de mobilisme, est l'extrême opposé de l'Éléatisme. En effet, poour Parménide, l'unité de l'Être repossible la déduction du devenir et de la multiplicité ; pour Héraclite, au contraire, l'être est éternellement en devenir. Héraclite nie ainsi l'être parménidien.

Héraclite affirme que tout est changement, que l'univers est animé d'un mouvement continuel qui assure sa cohésion.

Mais Héraclite pense que tous ces changements ne sont pas désordonnés mais du à une loi fondamentale : Le logos. En effet le mouvement perpétuel de l'assaut des contraires obéit à une loi fondamentale qu'Héraclite appelle le logos. Le logos est présent partout, il accompagne tout ce qui se passe sans etre lui meme directement visible.

 

III°) Le Logos

 La raison résout toutes les contradictions : selon Héraclite, le logos est l'explication suprême. Se soumettre au logos,c'est se soumettre au destin et adopter la nature pour modèle d'une conduite morale qui nous associe au mouvement de l'Univers.
Le Logos est présent partout, il accompagne tout ce qui se passe sans etre lui meme directement visible.

Le logos est une espéce de raison universelle qui gouverne le monde, accessible non par les sens mais seulement par la pensée. Le Logos est une sorte de Dieu pour Héraclite, c'est un élément Divin.

Le logos est un élément qui est partout et en nous. Le logos accompagne tout et sans lui, rien ne se passe. Cette loi est à l'intérieur de l'univers.

Il ne faut pas oublier qu'Héraclite est un panthéiste, il considère que Dieu se trouve à l'intérieur de l'univers.

On lui attribue un livre dont ne nous sont parvenus que des fragments épars, écrits dans un style poétique. C'est dire toute la difficulté de la compréhension de sa pensée, qui a valu à Héraclite le surnom d'Obscur.Sur l'ensemble de l'oeuvre d'Héraclite qui nous reste, il existe dix fragments où le logos est directement cité, certains fragments faisant référence à l'intelligence (fragments. 39, 45, 87, 115), ou aux deux en même temps, ce qui est le cas des fragments 1, 2, 50, 72, 108. Nous commencerons par l'analyse des fragments 1 et 2.

Pour déterminer le logos et ses attributs, il faut l'avoir saisi et compris, ce qui conduit à traiter des deux niveaux du rapport du logos :

- Premier niveau : Logos-Cosmos

- Deuxième niveau : Logos-Intelligence

 

a°) Études des dix fragments d’Héraclite où est cité le Logos

Il existe au total 10 fragments où le logos est cité au sein des oeuvres d'Héraclite. Dans certains fragments le logos se trouvera directement ou indirectement associé au cosmos mais aussi à l'intelligence ce qui est le cas des fragment 1,2,50,72 et 108 :

Fragment 1 : (τοῦ δὲ) λόγου τοῦδ' ἐόντος (ἀεὶ) ἀξύνετοι γίγνονται ἄνθρωποι καὶ πρόσθεν ἢ ἀκοῦσαι καὶ ἀκούσαντες τὸ πρῶτον· γινομένων γὰρ (πάντων) κατὰ τὸν λόγον τόνδε ἀπείροισιν ἐοίκασι, πειρώμενοι καὶ ἐπέων καὶ ἔργων τοιούτων, ὁκοίων ἐγὼ διηγεῦμαι διαιρέων ἕκαστον κατὰ φύσιν καὶ φράζων ὅκως ἔχει. τοὺς δὲ ἄλλους ἀνθρώπους λανθάνει ὁκόσα ἐγερθέντες ποιοῦσιν, ὅκωσ­περ ὁκόσα εὕδοντες ἐπι­λανθάνοντα.
« Ce verbe, qui est vrai, est toujours incompris des hommes, soit avant qu’ils ne l’entendent, soit alors qu’ils l’entendent pour la première fois. Quoique toutes choses se fassent suivant ce verbe, ils ne semblent avoir aucune expérience de paroles et de faits tels que je les expose, distinguant leur nature et disant comme ils sont. Mais les autres hommes ne s’aperçoivent pas plus de ce qu’ils font étant éveillés, qu’ils ne se souviennent de ce qu’ils ont fait en dormant. »
(Fragment 1, Sextus Empiricus, Contre les mathématiciens, VII, 133)
 

 

Explication du fragment 1 : Le fragment 1 atteste donc que « toutes les choses arrivent selon le logos ". Il est le principe du devenir, dans la mesure où il joue un rôle primordial dans le processus d'arrangement des choses dans le cosmos.

 

Fragment 2 :  διὸ δεῖ ἕπεσθαι τῷ (ξυνῷ, τουτέστι τῷ) κοινῷ· ξυνὸς γὰρ ὁ κοινός. τοῦ λόγου δὲ ἐόντος ξυνοῦ ζώουσιν οἱ πολλοὶ ὡς ἰδίαν ἔχοντες φρόνησιν.

" Ainsi nous devons suivre le commun, et cependant la plupart vivent comme s’ils avaient une sagesse à eux. " 2. Aussi faut-il suivre le (logos) commun ; mais quoiqu’il soit commun à tous, la plupart vivent comme s’ils avaient une intelligence à eux "

(Fragment 2, Sextus Empiricus, Contre les mathématiciens, VII, 133)

Explication du fragment 2 : Le fragment 2 propose une deuxième caractérisation du Logos : " Le logos est ce qui est commun à tous ". Ce Logos commun est supposé également pour le cosmos.

 

Fragment 50 :

Hippolyte, Réfutation de toutes les hérésies, IX, 9, 1.

. μὲν οὖν φησιν εἶναι τὸ πᾶν διαιρετὸν ἀδιαίρετον, γενητὸν ἀγένητον, θνητον ἀθάνατον λόγον αἰῶναπατέρα υἱόν θεὸν δίκαιον· οὐκ ἐμ οῦ, ἀλλὰ τοῦ λόγου ἀκούσαντας ὁμολογεῖν σοφόν ἐστιν ἓν πάντα εἶναί» ὁ Ἡ. φησι.

" Ce n’est pas a moi qu’il est sage de prêter l’oreille, mais à la Pensée, en reconnaissant que tout est un." (Léon Robin) 50. Ce n’est pas à moi, mais au logos qu’il est sage d’accorder que l’un devient toutes choses.

Le logos est en outre l'unité de toutes choses qui est révélée par lui : « Enécoutant, non pas moi, mais le logos, il est sage detomber d.accord pour dire : tout est Un » (fr. 50).



b°) Logos et cosmos, deux notions étroitement liées

 

Le logos joue un rôle très important pour les panta : il est le principe du devenir, toujours présent et commun aux choses tout en étant une sagesse séparée. Que cela soit dans la phusis ou à proximité d.elle, physiquement ou métaphysiquement, le logos se définit en faisant partie de l'ordre cosmique en agissant sur lui, c'est-à-dire en le gouvernant. Logos et cosmos sont indissociables. Or, pour déterminer le logos et ses attributs, il faut l'avoir saisi et compris, ce qui conduit à traiter du deuxième niveau du rapport.

Conclusion et Rappel : Le mouvement perpétuel de l'assaut des contraires obéit à une loi fondamentale qu'Héraclite apelle le logos.

 

III°) La théorie de la connaissance :

Héraclite s'intéresse à la connaissance. 

Ce qui l'amène à se poser une question majeure : Est-ce que la connaissance est possible ? Comme le réel se modifie perpétuellement, il est quasiment impossible d'arriver à une véritable connaissance, une vérité absolue.

Sur sa théorie de la connaissance, nous savons peu de chose il considérait les sens comme trompeurs, et mettait la raison au-dessus d'eux. Mais il ne paraît pas avoir approfondi les questions de cet ordre. On trouve encore dans les Fragments nombre de vues morales, politiques ou religieuses.

Il méprise la vie de la plupart des humains qui, dit-il, vivent comme le bétail, naissent, procréent des enfants, et meurent sans jamais viser à un but plus élevé. L'humain raisonnable doit obéir à la loi générale. Il dépend de l'humain d'être heureux; il suffit de se conformer à l'ordre du monde, qui est toujours tel qu'il doit être.

En politique, il considère les lois humaines comme une émanation du divin, et déclare que rien n'est plus nécessaire au salut de l'État que la suprématie de la loi. Un peuple doit combattre pour sa loi comme pour ses murs. Cette suprématie de la loi ne doit être sacrifiée ni à la domination d'un seul, ni à celle de la multitude qui ne sait pas, dit Héraclite, obéir au meilleur ni supporter aucune supériorité.

 Enfin il traite les questions religieuses avec un grand respect pour les croyances populaires; il croit aux révélations (Oracle) de la Sibylle, et parle de Zeus et d'Apollon sur le ton d'un théologien ou d'un croyant : il a même une prédilection marquée pour les appellations mythologiques, sans qu'on puisse voir comment ses croyances s'accordent avec ses théories philosophiques.

 

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Biographie Parménide - La logique - La vérité et l'opinion

Added 22/7/2011

Biographie Parménide (env.515-450 av. J-C) - La logique - La vérité et l'opinion 

 

I°) Biographie succinte de Parménide

 

On ne connaît pas avec exactitude les dates de naissance et de mort de Parménide d'Élée. Sa vie s'étend de la fin du VIe siècle au milieu du Ve siècle avant J.-C.Parménide aurait été initié à la philosophie par un pythagoricien.

IParmenide Parménidel aurait eu 65 ans quand il est venu à Athènes où il aurait rencontré le jeune Socrate, peut-être âgé de moins de 20 ans, ce qui situerait sa naissance vers 520-510 si l'on place le dialogue de Platon vers 450-448 (cf. le Parménide de Platon, où Parménide est un « vieillard honorable », 127 b).

Mais selon Synésios, Socrate aurait eu 25 ans à ce moment, ce qui placerait la naissance de Parménide vers 540. Ces données sont peu sûres ; selon Diogène Laërce (IX, 23), son acmé se situe dans la 69e Olympiade (504-500), mais d'autres sources la placent dans la 79e. Ainsi, Parménide est-il placé soit avec Héraclite et Empédocle, soit avec Démocrite, Gorgias ou encore Prodicos de Céos. Illustration, détail de L'école d'Athènes de Raphaël Parménide était le fils de Pyrès[1] . Il est issu d'une famille riche et puissante. Théophraste déclare que Parménide est un disciple d'Anaximandre et qu'il est le premier à nommer Monde l'Univers.

 

 Proclos dans ses Commentaires sur le Parmènide le nomment pythagoricien, et sa manière de vivre était considérée comme pythagoricienne. Il se lia d'abord en effet avec les pythagoriciens : c'est Aminias qui le poussa à la vie philosophique.

 

 Néanmoins, Parménide se rattache plutôt à Xénophane. Aristote est plus réservé sur la question. Il reste que Parménide et Xénophane ont tous deux vécu à Élée, et que l'on peut supposer qu'ils se connaissaient. Ainsi, quant aux influences philosophiques de Parménide, il semble possible d'affirmer que, comme Empédocle, il suivit la vie pythagoricienne sans en adopter les idées, et qu'il suivit sur ce point Xénophane. Il aurait fondé une école comparable aux écoles pythagoriciennes. Il aurait été également disciple d'Anaximène (selon la Suidas), mais ce renseignement semble être dû à une erreur de texte. Il eut pour successeurs Empédocle et Zénon d'Élée. Il fut peut-être législateur dans sa ville natale (D.L., IX, 23) ; les Éléates devaient chaque année jurer de nouveau obéissance aux lois. Il nous reste des fragments de son poème De la Nature, dont la première partie traite de la vérité et la seconde de l'opinion. Sa pensée influença Anaxagore et Mélissos. alternent dans le jeu du siècle.

 

 

II°) La logique

 

Parménide est le premier à avoir opposé la pensée logique à la pensée empirique. Parménide contredit l'idée du mouvement d'Héraclite. Il contredit cette idée du mouvement, non pas au nom de l'observasion, mais au nom de la logique. Distinguant deux ordres de connaissances, celles qui sont fondées sur la raison et celles que donne l'apparence, il prétendit que, selon la raison, il n'existe qu'un être unique, immuable, infini; que la diversité le changement, la pluralité sont impossibles; mais il avouait que, selon l'apparence, il faudrait admettre tout le contraire. En raisonnant d'après les sens, il expliquait tout par deux principes : le ciel ou le chaud, la terre ou le froid.

 

 

III°) L'etre comme unique chemin vers la vérité

 

Parménide désigne la voie de l'être comme voie unique vers la vérité, rappel de l'injonction. L'etre est partout, continu et indivisible, d'autre part l'etre est éternel. L'etre existe en dehors du temps, et en dehors de l'espace. Parménide introduit donc un mode de raisonnement logique.

Parménide a écrit en vers un traité De la nature ; selon la Souda, il aurait également écrit des œuvres en prose, mais ce point est controversé.

Parménide divisait la philosophie en deux parties, selon lui il y'a deux sortes de philosophie :

- Une qui porte sur la vérité

- Une qui se réfère sur l'opinion.  Cette division est pour lui absolue :

« Χρεὼ δέ σε πάντα πυθέσθαι
ἠμέν Ἀληθείης εὐκυκλέος ἀτρεμὲς ἦτορ
[30] ἠδὲ βροτῶν δόξας, ταῖς οὐκ ἔνι πίστις ἀληθής. »
« Apprends donc toutes choses
Et aussi bien le cœur exempt de tremblement
Propre à la vérité bellement circulaire,
Que les opinions des mortels, dans lesquelles
Il n'est rien qui soit vrai ni digne de crédit. »
(Diogène Laërce, IX, 22)

Parménide oppose ainsi la logique à l'expérience : la raison est selon lui le critère de la vérité.

La pensée (il identifie âme et intellect), en suivant les règles de la logique, établit ainsi que l'être est, et qu'il faut lui prédiquer des attributs non-contradictoires : il est intelligible, non-créé et intemporel, il ne contient aucune altérité et est parfaitement continu.

Dans la première partie de son poème De la Nature, Parménide consacre l« Être » comme l'unique chemin vers la vérité.

" En effet on ne peut connaitre ni le non etre puisqu'il est impossible...Car la pensée est la meme chose que l'etre"

Le réel est uniquement l'être.

«Il faut admettre, dit Parménide, l'être ou le non-être: la décision à prendre est toute entière dans ce mot: être ou n'être pas. Or le non-être n'est pas et ne peut pas devenir. Donc seul l'être est».

 

« Les coursiers qui me portent m’ont amené aussi loin que me poussait mon ardeur, puisqu’ils m’ont conduit sur la route glorieuse de la divinité qui introduit le mortel savant au sein de tous les secrets. C’était là que j’allais, c’était là que mes habiles coursiers entraînaient mon char. Notre course était dirigée par des vierges, par des filles du soleil, qui avaient abandonné les demeures de la nuit pour celles de la lumière, et qui, de leurs mains, avaient rejeté les voiles de dessus leurs têtes. L’essieu brûlant dans les moyeux faisait entendre un sif-flement; car il était pressé de deux côtés par le mouvement circulaire des roues, quand les coursiers redou-blaient de vitesse. C’était aux lieux où sont les portes des chemins de la nuit et du jour, entre un linteau et un seuil de pierre; situées au milieu de l’Ether, elles se ferment par d’immenses battants: c’est l’austère justice qui en garde les clés. Les vierges, s’adressant à elle avec des paroles, donc, lui persuadèrent, habilement d’enlever sans retard pour elles les verrous des portes ; et aussitôt, les battants s’ouvrirent au large en faisant rouler dans leurs écrous les gonds d’airain fixés au bois de la porte par des barres et des chevilles: à l’instant, par cette ou-verture, les vierges lancèrent à l’aise le char et les coursiers.
La déesse m’accueillit favorablement, et me prenant la main droite, elle me parla ainsi:
Jeune homme, accompagné de conductrices immortelles, toi que les coursiers amènent dans ma demeure, réjouis-toi; car ce n’est pas un destin funeste qui t’a poussé sur ce chemin si éloigné de la route ordinaire des hommes, mais bien la loi suprême et la justice.
Il faut que tu connaisses tout, et les entrailles incorruptibles de la vérité persuasive, et les opinions des mortels qui ne renferment pas la vraie conviction, mais l’erreur; et tu apprendras comment, en pénétrant toutes choses, tu devras juger de tout d’une manière sensée.
»

 

De la vérité

 

« Hé bien! je vais parler, et toi, écoute mes paroles: je te dirai quels sont les deux seuls procédés de recherche qu’il faut reconnaître. L’un consiste à montrer que l’être est, et que le non-être n’est pas: celui-ci est le chemin de la croyance; car la vérité l’accompagne. L’autre consiste à prétendre que l’être n’est pas, et qu’il ne peut y avoir que le non-être; et je dis que celui-ci est la voie de l’erreur complète. En effet, on ne peut ni connaître le non-être, puisqu’il est impossible, ni l’exprimer en paroles.
Car la pensée est la même chose que l’être.
»

 

 

Sa philosophie selon la vérité, c’est la métaphysique, fondée sur la pensée logique, la seule vraie selon Parménide ; la seconde, c’est la physique.

 Si cette conception de l'être est de l'ordre de la pensée, Parménide le représente aussi comme une réalité physique, finie et sphérique. Cette doctrine fait de lui le penseur de l'être par excellence, et tranche par sa froideur rationnelle d'avec les autres penseurs grecs, un Empédocle d'Agrigente par exemple. La doctrine de Parménide ne donne cependant pas d'explications relatives aux origines des êtres.

 

Fasciné par l'être, comme Héraclite l'avait été par le devenir, Parménide s'en tient désormais à la méthode a priori, purement intellectuelle et, méprisant la valeur de l'expérience sensible, il déduit un ensemble de conséquences où l'on peut voir les premiers linéaments d'un traité des transcendantaux:

1) Absolu: L'être ou le réel est éternel, immobile, sans naissance et sans fin. Car s'il était produit, il viendrait ou de l'être ou du non-être: or du non-être rien ne peut venir: «Ex nihilo nihil fit»; et ce qui est ne peut venir non plus de ce qui est déjà: «Ex ente non fit ens, quia jam est ens». Donc tout devenir ou changement est impossible; l'être est absolument, éternellement: «Le destin ne permet pas à l'être de naître ou de périr mais le maintient immobile».

2) Unité: L'être ou le réel est unique, et en lui-même il est indivisible et homogène. Car, puisqu'en dehors de l'être il n'y a que le néant (qui n'est pas réel), il est impossible de trouver aucun moyen, aucun principe pour multiplier les êtres ou pour distinguer diverses parties dans l'être. «L'être est», uniquement, également, dans toutes ses parties.

3) Vérité: L'être ou le réel est vérité et pensée. Car «la pensée, dit Parménide, est la même chose que l'être; la pensée est identique à l'objet de la pensée» [°43]. Il ne peut en être autrement, puisqu'en dehors de l'être rien n'est réel: la pensée et la vérité, étant bien réelles, doivent s'identifier à l'être.

4) Bonté: Enfin le réel ou l'être est parfait ou plein. Car il est le seul possesseur immuable et indestructible de toute réalité, donc de toute qualité et perfection, en dehors de quoi il n'y a que néant.

 

 

IV°) Parménide rationnaliste dogmatique

 

Parménide est un rationaliste dogmatique, qui considère la raison, comme seule source déterminante de la connaissance, et par ses seuls principes a priori, prétend atteindre la vérité, particulièrement dans le domaine métaphysique.

 Pour PARMÉNIDE, la voie de l'expérience n'est qu'un chemin parsemé d'erreurs. C'est pourquoi il affirme que seule la raison conduit le sage vers « le coeur de la vérité qui forme un beau cercle »

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Biographie Empédocle - Définitions et explications philosophiques - La théorie des quatres éléments

Added 22/7/2011

Biographie Empédocle - Définitions et explications philosophiques - La théorie des quatre éléments

 

Après Parménide les philosophes vont essayer de réintroduire la notion de mouvement dans la philosophie : cette évidence est trop criante pour ne pas etres vraie.

 

I°) Biographie Empédocle

 

Les dates de naissance et de mort d'Empédocle ne sont pas certaines : il vécut probablement entre 490 et 435 av. J.-C. Sa vie nous est mal connue et a parfois un caractère légendaire manifestement dû à sa personnalité quelque peu excentrique. Il fut un personnage important d'Agrigente, défenseur de la démocratie.Il fut banni et termina sa vie dans une île grecque le Péloponnèse. D'après la légende, Empédocle se jeta dans les fournaises de l'Etna en abandonnant sur le bord une de ses chaussures, preuve de sa mort. Cette histoire est toutefois réfutée par Strabon.

Empédocle fut sans doute le plus étrange et le plus excentrique des Présocratiques : il est, selon Nietzsche, « la figure la plus bariolée de la philosophie ancienne ». « Il s'habillait de vêtements de pourpre avec un ceinture d'or, des souliers de bronze et une couronne delphique. Il portait des cheveux longs, se faisait suivre par des esclaves, et gardait toujours la même gravité de visage. Quiconque le rencontrait croyait croiser un roi » (Favorinus d'Arles[2]).

Il a écrit sa pensée sous la forme de deux poèmes, peut-être réunis en un : 1) le Περὶ Φύσεως / Peri phuseôs (De la nature), 2) les Καθαρμοί / Katharmoi (Purifications). Il nous en reste environ quatre-cents vers. Il faut ajouter un papyrus fragmentaire du Ier siècle, découvert à Strasbourg, édité en 1999[3].

Empédocle fut à la fois ingénieur, philosophe, thaumaturge et poète.

 

II°) La théorie des quatres éléments

 

La doctrine physique d'Empédocle, fait des quatres substances primitives ( Eau-Feu-Terre-Air), les principes et la matière première composant toutes choses.

« Connais premièrement la quadruple racine
De toutes choses : Zeus aux feux lumineux,
Héra mère de vie, et puis Aidônéus,
Nestis enfin, aux pleurs dont les mortels s'abreuvent. »

Premièrement il y a le problème de l'interprétation. Zeus, dieu de la lumière céleste, désigne le Feu ; Héra, épouse de Zeus, désigne l'Air ; Aidônéus (Hadès), dieu des enfers, désigne la Terre ; Nestis (Posseidon) désigne l'Eau. Cependant, pour Stobée, qui semble moins crédible, Héra est la Terre, Aidônéus est l'Air. Deuxièmement, il y a le problème de l'ordre. Empédocle dit Feu/Air/Terre/Eau. Plus logiquement, Aristote établit la série : Feu, Air, Eau, Terre. Troisièmement, il y a le problème de la complétude.

Combien d'Éléments ?

Cette théorie des quatre éléments, bien que réfutée ensuite par Anaxagore et les atomistes, inspira et fut par la suite reprise par Aristote et connut un succès considérable. Le jeune Aristote et Philippe d'Oponte (l'auteur de l'Épinomis) ajouteront un cinquième Élément, qui est donc la quinte essence : l'Éther.

 

 

III°) Le dualisme d'Empédocle

 

Empédocle est dualiste. Il conserve et accentue les deux formes du dualisme pythagoricien. Le monde, pour lui, est dominé tour à tour par deux principes contraires, l’Amour et la Haine, le principe de l’Un et le principe du Multiple.

D’autre part, il paraît opposer fortement l’âme au corps lorsqu’il décrit une âme tombée du monde des dieux et pleurant de se voir dans un lieu inaccoutumé.

 

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