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 Platon - Théorie des idées et de la réminiscence de l'âme - Allégorie de la caverne

28/7/2011

Platon - Théorie des idées et de la réminiscence de l'ame - Allégorie de la caverne

Image Buste Platon Londres London museum 

Platon est né à Athènes dans le dème de Collytos, en 428 – 427 av. J.-C., pendant l'archontat d'Aminias (Diogène Laërce le fait toutefois naître à Égine), deux ans après la mort de Périclès (en -429), lors de la guerre du Péloponnèse (de 431 à 404)[p. 1].

La date exacte demeure cependant incertaine : une tradition[4] la fixe à la troisième année de la 88e olympiade, au 7 du mois thargélion, qui correspondrait au 21 mai de l'an -429. Vers -410, il fut élève de Cratyle, un disciple d'Héraclite, et d'Hermogène, un disciple de Parménide. Platon devint ensuite le disciple de Socrate durant neuf ans, de -408 à -399, jusqu'à la condamnation de Socrate, qui avait résisté, entre autres, aux Trente Tyrans Platon a élaboré une théorie, une véritable doctrine des Idées. Platon formule cette théorie pour résoudre plusieurs problèmes :

 

 

I°) La dualité de la réalité :

Platon conçoit deux mondes distincts et parfaitement opposés :

Le monde des apparences = le monde des phénomènes = le monde sensible, corruptible, changeant, insaisissable et en perpétuel devenir que nous pouvons connaitre par nos sens. Platon rappelle que nous ne pouvons pas nous fier à nos sens : la faculté de voir, d'entendre, de sentir, de gouter varie d'un homme à l'autre : Par contre, nous pouvons faire confiance à la raison.

Cette problématique est majeure puisqu'elle débouche sur la nécessité de l'interprétation des perceptions par la pensée, le raisonnement, et non par les sens pour tendre vers une véritable compréhension des choses.

 

Et au dela , le monde des Idées = le monde réel intelligible invisible,  éternel et immobile celui des idées vraise que nous pouvons connaitre par la raison. Le monde des Idées seul est immuable et peut etre l'objet d'une connaissance parfaite, notamment l'objet de la science.

On éc rit dans ce cas Idées avec majuscule pour la distinguer de l'idée ordinaire qui est simplement la représentation intellectuelle, le concept pensé par une intelligence humaine.

 La connaissance objective est impossible à atteindre, car rien n'est stable

 

La théorie des idées peut donc etre définie comme l'hypothèse, formulée par Platon, selon laquelle il existe un seul et unique domaine ontologique formé de principes immuables et universels, indépendants de l'intellect, dont le monde sensible est le reflet.

Il existe donc un monde des Idées distinct du monde des phénomènes, et qui seul mérite d'etre l'objet d'une véritable science.

 

II°) L'Allégorie de la caverne

 

Platon a illustré sa conception des rapport entre le monde des phénomènes et le monde des idées grace à une allégorie célèbre : L'Allégorie de la caverne.

Platon utilise donc cette allégorie pour faire comprendre sa théorie des Idées. Dans un monde changeant où toutes les formes sont imparfaites, la régularité des choses ne peut provenir que de l'existence d'un moule commun : l'Idée.

 

Résumé et explication de l'Allégorie de la caverne :

Dans le livre VII de La République, Platon expose l'Allégorie de la Caverne qui met en scène des hommes enchaînés au cou et aux pieds et immobilisés dans l'obscurité au fond d'une caverne sombre. Aucun d'entre eux n'a jamais contemplé directement la lumière du soleil : [515b] " toute leur vie ". Ces Allégorie de la caverne platonhommes tournent le dos à l'entrée et ne voient et regardent que leurs ombres et celles projetées d'objets au loin derrière eux.

 Ces ombres sont crées par d’autres hommes, libres, derrière un mur, dans le dos des prisonniers, lesquels s’imaginent que les voix qu’ils entendent proviennent des ombres. Pour ces prisonniers, les ombres sont la réalité.

L'intérieur de la caverne représente et symbolise le monde sensible où les hommes vivent, voient entendent et pensent accéder à la vérité par leurs sens. L’activité principale des hommes enchaînés est justement de ne rien faire et de subir.

 Ils voient des ombres s’agiter sur le mur, ils entendent des voix qu’ils associent logiquement aux images que leurs yeux reçoivent. L’activité est uniquement sensorielle, et mène dans leur cas à l’erreur. En somme, Platon dénonce la passivité de ses contemporains à travers cette image de prisonniers inconscients, enchaînés et manipulés.

Mais cette vie ne serait qu'illusion : Les prisonniers de la caverne vivent dans l'ignorance depuis toujours, sans toutefois le savoir.  Le philosophe vient en témoigner par une interrogation permanente (à laquelle Platon se livre tout au long de l'œuvre), ce qui lui permet d'accéder à l'acquisition des connaissances associées au monde des idées comme le prisonnier de la caverne accède à la réalité qui nous est habituelle.

Mais lorsqu'il s'évertue à partager son expérience avec ses contemporains, il se heurte à leur incompréhension conjuguée à l'hostilité des personnes bousculées dans le confort (illusoire) de leurs habitudes.

« Considère maintenant (...) qu'on détache l'un de ces prisonniers, qu'on le force à se dresser... ». Ici, le philosophe en appelle à l'identification du prisonnier soudainement confronté à un brusque changement, incarné par une situation nouvelle pénible ou par une idée nouvelle remettant en cause les préjugés anciens. « Il souffrira et l'éblouissement l'empêchera de distinguer les objets dont tout à l'heure il voyait les ombres ».

Platon aborde dans ce cas précis le déni de réalité, première étape de la confrontation violente de l'esprit humain à l'inattendu : l'annonce d'une rupture, d'un rejet, d'une transformation radicale des habitudes aussi évidentes que « confortables ».

Platon dénonce le conformisme intellectuel dans lequel les habitudes d'opinion sont considérées à tort comme normes représentatives de la condition humaine.

 

La seconde partie relate l’évasion de l’un des prisonniers, une évasion douloureuse et ‘assistée’ par les hommes libres, qui le forcent à découvrir par lui-même la vérité : lui et ses semblables étaient manipulés. La vérité lui apparaît tout d’abord comme mensongère, puisque brutale et déstabilisante pour quelqu’un qui est resté toute sa vie dans la pénombre et l’illusion. Mais progressivement - et c’est ce que relate la troisième partie - ses yeux s’ouvrent, acceptent la réalité et l’homme acquiert le savoir. Il a conscience de sa liberté, et préfère naturellement son actuelle condition à celle qu’il avait dans la caverne. Dans la quatrième partie, l’homme libéré rejoint ses anciens semblables dans la caverne, mais prête à rire : ses yeux s’étant habitué à la lumière du soleil, il se trouve une nouvelle fois déstabilisé, ce qui pousse à croire aux hommes enchaînés qu’entreprendre de faire le même trajet que lui peut leur être néfaste.

 

Au-delà de la simple description, quel est le sens de l’allégorie ?
 
L’allégorie de la caverne est une représentation imagée de notre monde « réel », « visible ».
La condition de prisonnier est en réalité celle de l’homme qui « ne se pose pas de question », la condition de l’homme libéré est à interpréter comme « la montée de l’âme dans le monde intelligible », c'est-à-dire l’exercice de la pensée, de la volonté de savoir et de la découverte du but ultime que constitue le souverain Bien. Le retour de l’homme libéré chez ses contemporains est naturellement difficile sinon vain, tant son discours heurte et bouscule leur confortable condition d’êtres inconsciemment soumis.
 
Conclusion : L'allégorie de la caverne expose et traite donc en termes imagés la pénible accession des hommes à la connaissance de la réalité, une des conditions nécessaires pour cela étant de s'affranchir des autres puisque c'est une quête personnelle.
 ainsi que la non moins difficile transmission de cette connaissance.Ce mythe soulève également le problème de la difficulté de transmission de la connaissance. On se demande si les autres prisonniers tueront l'affranchi s'il leur décrit ce qu'il a vu car nous savons tous combien il est difficile de réaliser que nous avons vécu longtemps dans l'erreur, la "solution" la moins éprouvante étant d'y reste.

 

III°) La théorie de la réminiscence de l'âme

 

Le mot « âme », en grec ψυχή, est de loin celui qui revient le plus fréquemment dans les dialogues de Platon, en particulier dans Phèdre, La République et Phédon.

Platon explique notre connaissance du monde des Idées en reprenant la théorie de la transmigration de l'ame des Pythagoriciens. Si nous savons que le monde existe, si nous avons envie de le connaitre, c'est parce qu'autrefois dans une existence antérieure notre ame a existé avant de venir habiter dans un corps. Cette ame était donc séparée du corps.

Autrefois l'ame était dans le monde des Idées : elle a eu l'occasion de le contempler. La réminiscence de l'ame est la voie théorique qui traduit la perception de l'idéalité par l'âme. Selon Platon, l'idéalité existe, de façon objective, pour l'ame qui se souvient de l'avoir autrefois contemplée.

Selon Platon , l'ame est dans le corps " comme dans une prison ". La philosophie consiste essentiellement en l'effort, pour délivrer l'âme du corps. Cette délivrance ne viendra que d'une conversion radicale de l'âme aux Idées. Selon platon, l'ame est donc un être apparenté aux Idées.

Par conséquent pour Platon notre ame est immortelle et se compose de trois puissances :

- l' épithumia (ἐπιθυμία), l'« appétit », élément concupiscible, désirant, le siège du désir (faim, sexualité), des passions.

-le thumos (θυμός), la « colère », élément irascible, agressif ; ce pourrait être traduit par « cœur » ; il est cette partie de l'âme susceptible d'emportement, de colère, de courage.

- le logistikon (λογιστικόν), le « raisonnable », ou esprit, élément rationnel, immortel, divin ; c'est un « démon » (daimon).

Platon expose cette constitution « tripartite » de l'âme dans le Phèdre et dans La République.

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